Les micro-fermes sont des fermes maraîchères de faible surface (moins de 1,5 hectares, en dessous des recommandations officielles), très diversifiées (plus de 30 cultures différentes par ferme), avec une commercialisation en circuits courts (vente directe aux consommateurs avec un intermédiaire maximum). En woofant tu en rencontrera sûrement. Elles sont très instructives d’un point de vue écologique.

L’association Fermes d’Avenir, créée fin 2013, porte un projet sociétal ambitieux pour promouvoir un nouveau modèle d’agriculture, basé sur les principes de l’agroécologie et en phase avec le contexte socio-économique actuel. La création d’une microferme expérimentale en Touraine permet de suivre les étapes nécessaires à une telle mise en place et d’en évaluer le modèle économique. La microferme a fait l’objet d’une conception minutieuse suivant les méthodes de la permaculture (design). Une boîte à outils a été rédigée au fil de l’eau par deux conseillers en permaculture, Claire Uzan et Gildas Véret, pour expliciter les différentes étapes qui précèdent à la création d’une telle ferme.
Concrètement, nous avons installé sur 1,4ha une ferme diversifiée en production maraîchère, et relevons tous les chiffres intéressants pour analyser le modèle. Afin de peser dans la construction du monde qui vient, plusieurs membres de l’équipe Fermes d’Avenir s’impliquent dans des processus politiques comme les Etats Généraux de l’Alimentation, des think-tanks, et mettent une belle énergie à convaincre les élus de tous bords. Ils espèrent produire pour 100 000 euros de fruits et légumes, à la clé 3 emplois. Rachel explique pourquoi ils ne sont arrivés qu’à 2 :
« Sur les 4 premières années, nous n’avons jamais eu une saison totalement complète : l’année 1 a débuté avec Maxime en avril. Benjamin et Nicolas sont arrivés en février de l’année 2, et n’ont donc réellement commencé les cultures qu’en avril, puis sont repartis en novembre de l’année 3, qui fut par ailleurs terrible en termes météorologiques (2016). Rachel, arrivée en novembre 2016, a fait la moitié de la quatrième saison seule. Tom est arrivé en juin 2017. Rachel et Tom ont fait une saison entière, Tom a décidé de partir en Octobre 2018 pour un tour de France des fermes, en caravane et en famille. Corentin est arrivé en Octobre 2018 pour le remplacer et soutenir Rachel dans les travaux à la ferme. Rachel partira en congé maternité début 2019, nous allons donc embaucher un ouvrier maraicher pour épauler Corentin.
Le pari de salarier des maraîchers est osé : classiquement,  les propriétaires de la ferme se donnent à fond sans compter leur temps, et salarient des ouvriers agricoles qu’ils encadrent. Dans notre cas, nous tentons de prouver qu’une ferme peut être gérée et dirigée par un.e chef de cultures salarié.e, aux 35 heures (annualisées). Il est évident que cela constitue une différence de taille en défaveur, en termes de production, de notre modèle.
– Nous avions basé notre prévisionnel sur 3 maraîchers salariés, or nous n’en avons jamais eu plus que deux pour l’instant. Ce qui est en partie, mais pas de manière évidente, dû à l’accueil de bénévoles ou stagiaires en formation.
– Nous sommes des néo-paysans…ce qui va de pair avec des erreurs techniques et un manque de pratique, nous n’avons pas l’héritage paysan et partons de loin. »

Si elles jouissent de conditions favorables, nous sommes convaincus que c’est leur approche naturelle, inspirée des écosystèmes, qui participe le plus à leur rentabilité et surtout à leur résilience.

Pin It on Pinterest