Né d’un père commerçant et d’une mère paysanne, Michel a vécu la difficulté de choisir entre le monde de l’agriculture, de la nature, et le monde du commerce, des affaires et de l’argent.

Enfant, il aidait son père a fabriquer des sirops et son oncle à arroser les légumes. Cette difficulté l’a amené à choisir de suivre les deux valeurs importantes pour sa famille : le travail et l’argent. Il a décidé d’être entrepreneur, de reprendre l’activité de son père et de la faire fructifier, sans pour autant arrêter de cultiver son jardin. Et il s’est marié avec « une femme qui acceptait de traire les chèvres ». Dans les années 80, Michel Valentin était à la tête d’une dizaine d’entreprises et dirigeait une centaine de salariés. Il s’est éloigné des êtres humains au point de se retrouver seul avec tout cet argent gagné par l’exploitation de ses entreprises. La séparation d’avec sa femme accentue encore son sentiment de solitude, une grosse difficulté qui le conduit à remettre en cause le fondement même de son activité d’entrepreneur. Puisque l’argent ne rend pas heureux, il a décidé de quitté le monde de l’argent.

C’est alors qu’il a rencontré Isabelle Peloux qui, elle, avait passé sa vie à s’occuper des autres, plus particulièrement des enfants. L’essentiel pour elle était la relation. Il a rencontré Pierre Rabhi qui, lui, avait passé sa vie à respecter la nature. Il était temps pour lui de réconcilier l’entrepreneur et l’amoureux de la nature qui cultive son jardin avec attention.

Pierre Rabhi lui a conseillé de mettre ses compétences de chef d’entreprises au service de l’humain et d’un projet respectueux de la nature. Michel apportera ses compétences d’entrepreneurs et ses moyens financiers, Pierre son expérience de l’agro-écologie et sa capacité à réunir les humain, Isabelle ses capacités relationnelle et éducative au service d’une pédagogie coopérative, pour donner naissance au projet Les Amanins qui répondront à ces deux questions de Pierre Rabhi : « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous à la planète ?»
Rénovation de la ferme, éco-construction de l’école et des hébergements, le projet était ambitieux et une question se posait : comment allons-nous travailler ensemble ? En s’inspirant de l’expérience des enfants qui comprennent beaucoup plus vite que les adultes comment coopérer et travailler ensemble. Deux structures ont été créées :

  • une SCI pour acheter le domaine et financer les travaux
  • une Association pour porter la mise en oeuvre du projet

Le problème avec l’association c’est que les salariés exécutent ce qui a été décidé par le Conseil d’Administration et seulement 25% d’entre eux peuvent y siéger. Michel a donc cherché une structure juridique plus favorable à la coopération et la SCOP – Société Coopérative Ouvrière de Production – a été créée en Juin 2008 pour gérer l’activité des Amanins : quelle que soit sa participation au capital, une homme égale une voix. Une structure qui permet de mettre en valeur le travail humain des 11 coopérateurs salariés, tous égaux, puisqu’ils gagnent un salaire identique de 11 € brut de l’heure quelle que soit leur qualification ou compétence.

L’investissement initial, d’environ 3,5 millions d’euros, a été apporté par Michel Valentin. Aujourd’hui, l’association est propriétaire de 99% des parts de la SCI, dont les loyers sont versés à l’association, pour assurer, d’ici 2011 son auto-financement. Le point d’équilibre est estimé à 2 personnes en séjour pour 1 qui travaille. C’est le chemin de la coopération
… Humanité & Bienveillance : « j’ai compris qu’il fallait considérer les autres pour être aimé » nous a confié Michel et qu’il faut « rechercher une cohérence entre notre vie de couple avec Isabelle comme aux Amanins » pour être ensemble et coopérer.
Michel Valentin est mort prématurément en 2012.

 

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