Chaque année près de 100 000 citadins quittent la ville pour s’installer à la campagne. Le milieu du woofing est complètement concerné par cette question. En effet, nombre des hôtes qui accueillent des woofers ont eux même quitté une vie antérieure à leur installation. Ils ont souvent quitté emplois, parfois même des postes importants, pour ouvrir une exploitation en agriculture bio. De même, les candidats au départ vers les campagnes viennent voir ce que cela représente chez des hôtes, qui seront d’un précieux conseil. Beaucoup de woofer sont même déjà en reconversion professionnelle et viennent se former. Woofer c’est accéder à une réalité.

S’installer à la campagne, on peut le faire !

Mais avant de partir, quelques petites choses sont à mettre au point.

Il est urgent de vous interroger. C’est le moment de l’introspection du projet. A ce propos je tiens à vous faire part de ce site très complet qui vous permettra de n’oublier aucune question à se poser avant de partir : www.afecreation.fr. Prenez votre temps pour bien réfléchir.

Est ce que tout est question de motivation ?

C’est déjà un bon début mais ça ne suffira pas. Si vous n’avez jamais habité en milieu rural, soyez conscient que cette décision doit être réfléchie et correspondre à une véritable aspiration. Etudiez bien les bénéfices que vous en tirerez mais aussi et surtout les contraintes éventuelles occasionnées par cette nouvelle vie avant de décider de vous « embarquer » (avec votre famille)  dans cette « aventure »… qui ne doit pas devenir un « cauchemar ».

Oui mais vous, vous avez un projet. Interessant !

Un conseil, parlez en avec des professionnels. En échangeant on bénéficie des partages d’expérience. Une étude de marché est impérative pour toute création d’entreprise.
Livrez-vous, avec l’aide d’un professionnel, à un calcul rapide qui, en fonction de quelques éléments (caractéristiques de la population, volumes de consommation et/ou taux d’équipement), vous permettra de :

  • déterminer un marché global théorique,
  • identifier la concurrence sur place ou peu éloignée,
  • vérifier que votre projet vous permettra de dégager un revenu suffisant pour couvrir vos dépenses personnelles incompressibles.

Bien on a avancé, non ? Maintenant la question cruciale. En suis je capable ?

Il s’agit ici de vos capacités personnelles. En toute objectivité, pensez-vous détenir les qualités personnelles qui vous permettront d’être facilement accepté par vos futurs clients et partenaires ? Avez-vous déjà été vivre quelques semaines dans le lieu que vous avez retenu ? Etes-vous spontanément ouvert à autrui, d’un abord chaleureux ? Votre condition physique est-elle parfaitement adaptée à la nature de l’activité que vous voulez  lancer ? L’heure est à l’introspection. En gros, est-ce qu’on s’y voit vraiment ?

Et la famille ?

Si vous êtes en couple votre compagne partage-t-elle vraiment vos envies ? C’est mieux ! D’autant plus si vous avez envie de créer une exploitation agricole. Votre conjoint(e) ou concubin(e) pourra-t-il, s’il y a lieu, exercer facilement une activité professionnelle, là-bas ? Faut-il que votre conjoint change de travail ? Si vous avez des enfants, leur scolarité pourra-t-elle se réaliser sans difficulté ? Qu’en sera-t-il lorsqu’ils seront plus grands ?  Chacun dans la famille pourra-t-il conserver ses centres d’intérêts, ses activités de loisir actuelles ?Si ce n’est pas possible, faute de structures adéquates, chacun serait-il prêt à en changer facilement ?

Enfin les contraintes matérielles.

Avez vous déjà une terre en vue ? Eventuellement une maison ? Sachez que vous pouvez tout à fait vivre en yourte. Beaucoup d’hôtes sont dans ce cas. La saison est importante en agriculture, avez vous réfléchi à votre époque d’installation ? Il convient de prendre en considération le temps nécessaire pour gérer votre départ et votre arrivée dans de bonnes conditions en tenant compte, éventuellement :

  • de vos besoins en termes de formation, partez woofer !
  • de la vente de votre logement, s’il y a lieu,
  • et de l’éventuelle contrainte de saisonnalité liée à votre nouvelle activité. 

Si, à ce stade, vous avez quelques doutes ou des questions sans réponse, pourquoi ne pas envisager des solutions transitoires. Même si ce projet est exaltant, il faut garder la tête froide et tenter de le sécuriser le plus possible. Par exemple :

  • décider que dans un premier temps le conjoint conserverait son emploi actuel en restant sur place
  • signer un bail précaire pour vous permettre de tester votre activité avant de vous engager sur une période plus longue
  • recourir aux services d’une couveuse d’activités ou d’une société de portage, si cela est possible
  • etc.

www.lemonde.fr/s-installer-a-la-campagne-entre-reve-et-realite

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